Vue sur le Nil en Egypte avec un palmier

Fragments d'Égypte : un chapitre pour puiser de l'inspiration pour la création textile


Avant la création, il y a l'inspiration. Et pour cela, il y a une phase essentielle : celle de l'observation. Voyager, regarder, écouter, s'imprégner d'un lieu, de son histoire, de sa lumière et de ses savoir-faire.

C'est dans cet esprit qu'est né Fragments d'Égypte : un chapitre éditorial pour puiser de l'inspiration, consacré à l'un des berceaux les plus fascinants de la Méditerranée.

Nous sommes partis à la recherche de ce qui fait l'identité visuelle de l'Égypte : nous avons observé la lumière sur les façades du Caire au lever du jour, analysé les couleurs et humé l'odeur des épices et des parfums dans les souks, touché les matières, entré dans les ateliers et écouté les artisans parler de leur métier. 

Nous nous sommes nourris de ces observations, de ces sensations et de ces rencontres pour porter un nouveau regard sur la création textile. 



Pourquoi l'Égypte ?

L'Égypte occupe une place singulière dans l'histoire de la Méditerranée :

Carrefour entre l'Afrique, le Proche-Orient et le monde occidental, elle a vu naître certaines des plus anciennes traditions artistiques de l'Histoire. Temples monumentaux, objets précieux, textiles, bijoux, architecture, artisanat : partout, le goût du détail et du symbole semble imprégner la terre du Nil depuis des Millénaires.

Mais au-delà de son patrimoine exceptionnel, l'Égypte nous attirait pour une autre raison.

Elle possède une identité visuelle immédiatement reconnaissable : les fresques et hiéroglyphes des pyramides, l'or des temples, les disques solaires, les ocres du désert, les silhouettes des palmiers, les motifs géométriques, les objets façonnés à la main. Autant d'éléments qui continuent d'inspirer artistes, architectes et créateurs du monde entier.


Coucher de soleil en Egypte avec l'ombre des palmiers



Une terre de couleurs façonnée par la nature et par l'Homme

L'une des premières choses qui frappe en Égypte est la richesse des couleurs :

  • Le bleu-vert du Nil et le bleu profond des objets décoratifs dû aux pierres précieuses utilisées dans l'Antiquité ;
  • Les tons sable et ocre qui évoquent le désert et les pyramides, les nuances terreuses des quartiers historiques et les éclats dorés qui apparaissent lorsque le soleil se reflète sur la pierre ;  
  • Le vert intense de la végétation luxuriante, notamment des plantations de palmiers.

Une palette profondément différente de celle des îles grecques ou des côtes italiennes, mais tout aussi méditerranéenne.


Fresque antique en Egypte montrant le disque solaire



Des motifs chargés d'histoire

L'Égypte possède un patrimoine décoratif exceptionnel : 

  • Le soleil, associé au dieu Rê dans l'Égypte antique, apparaît depuis des millénaires dans les arts égyptiens ;
  • Les palmiers évoquent l'abondance et la prospérité ;
  • Les fleurs de lotus symbolisent le renouveau et la renaissance ; 
  • Le faucon représente Horus, dieu céleste et protecteur de la royauté ; 
  • Le scarabée, très présent dans les amulettes, est associé au renouveau et au cycle solaire... 

À ces symboles antiques s'ajoutent les motifs géométriques et les ornements hérités de l'art islamique, visibles sur les façades, les portes, les moucharabiehs ou encore les objets artisanaux.

Autant de formes qui témoignent de la richesse culturelle du pays. 


Vue sur les temples antiques de l'Egypte

 

 

Une conception singulière du rôle des motifs

Dans l’Égypte antique cependant, les images n’étaient pas seulement décoratives : elles étaient porteuses d’une véritable puissance. Peintes sur les parois des tombes ou sculptées dans la pierre, elles avaient pour fonction de rendre présent ce qu’elles représentaient. Les scènes d’offrandes, où l’on voit des serviteurs apporter pains, fruits, fleurs, parfums ou tissus aux défunts rois et reines participaient en effet à une forme de magie : ce qui était représenté devenait réel dans l'au-delà. 

Cette conception, qui confère aux motifs égyptiens un pouvoir particulier, a nourri notre réflexion sur le rôle du motif dans la création textile.


 

Les savoir-faire artisanaux traditionnels : une véritable expérience sensorielle

Voyager en Égypte, c'est aussi découvrir un rapport particulier à l'artisanat et à la matière.

Bois sculpté, cuivre martelé, nacre incrustée...  chaque matière possède sa propre histoire dans les souks et les ateliers du Caire.

Ces techniques sont transmises depuis plusieurs générations. Certaines d'entre elles ont évolué au fil des influences venues du monde arabe ou ottoman.

Pour une marque qui travaille le textile, ces rencontres sont précieuses. Elles rappellent que derrière chaque objet se cache avant tout un savoir-faire.


La devanture d'une boutique artisanale au Caire, en Egypte



La lumière comme matière première

Il existe des lieux où la lumière semble devenir une matière à part entière. L'Égypte fait partie de ceux-là.

Tout au long de la journée, les couleurs changent au rythme du soleil. Les façades prennent des teintes dorées, les ombres dessinent de nouvelles formes et les paysages se transforment progressivement. 

Cette relation entre lumière et couleur nous a beaucoup touchée et profondément inspirée pour le design textile. Car un foulard n'est jamais seulement un dessin. C'est aussi une surface qui capte, reflète et transforme la lumière. 



Ce que nous retenons de ce voyage

Fragments d'Égypte n'avait pas pour objectif de préparer une collection précise.

Il s'agissait avant tout d'ouvrir un nouveau chapitre de recherche et d'observation.

Ce chapitre consacré à l'Égypte n'est qu'un point de départ. Il nous rappelle que l'inspiration naît souvent là où l'on prend le temps de regarder. Autant de fragments qui, mis bout à bout, alimentent l'inspiration et finissent par donner naissance à la création.






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